“ À l’IÉSEG, j’ai découvert trois continents et repoussé mes limites ”

De Taza à Rabat, puis Paris et bientôt Montréal, Kamal Kharbachi Chalhe construit son parcours au fil des expériences et des rencontres. Étudiant du Triple Bachelor en Business de l’Université Internationale de Rabat, de l’IÉSEG et de HEC Montréal, il revient sur une aventure académique internationale qui l’a poussé à sortir de sa zone de confort, à gagner en confiance et à découvrir de nouvelles façons d’apprendre et de voir le monde.

Je m’appelle Kamal Kharbachi Chalhe. Je suis Marocain et j’ai grandi à Taza, près de Fès, où j’ai vécu jusqu’à l’obtention de mon baccalauréat, avec la mention Très Bien, au lycée qualifiant Ali Ben Barri. Aujourd’hui, je poursuis mes études à l’IÉSEG, à Paris, dans le cadre de l’International Triple Bachelor in Business, un programme qui réunit trois institutions : Rabat Business School, l’IÉSEG et HEC Montréal. En deux ans, ce parcours m’aura conduit de Taza à Rabat, puis à Paris, avant de m’emmener prochainement au Canada.
Après le lycée, j’hésitais entre une classe préparatoire et une école de commerce. C’est mon frère, installé à Montréal où il avait effectué son MBA, qui m’a fait découvrir ce programme. Il m’a transmis les informations et, en me renseignant sur les trois établissements, j’ai rapidement compris qu’il s’agissait d’une opportunité exceptionnelle.
Le fait de pouvoir passer une première année au Maroc a beaucoup compté dans ma décision. À 18 ans, je n’étais pas forcément prêt à quitter ma famille et mes repères pour partir directement à l’étranger. Commencer à Rabat me permettait de franchir une première étape et de préparer progressivement cette transition. Avec le recul, je pense que partir de Taza pour Rabat a été l’un des meilleurs choix que j’ai faits.
J’ai également été séduit par la possibilité d’étudier dans trois institutions reconnues, situées sur trois continents différents. Le caractère novateur du programme dans le paysage de l’enseignement supérieur marocain m’a aussi attiré. Faire partie de la toute première promotion avait quelque chose de particulier : j’avais envie de prendre part à cette aventure dès ses débuts.
Mes parents, eux, étaient plus hésitants à l’idée de me voir partir dans un cursus aussi international. Mon frère a réussi à les rassurer en leur expliquant la dimension académique du programme, mais aussi ce qu’il pouvait m’apporter sur le plan personnel. Il leur a fait comprendre que c’était le bon moment pour moi de quitter Taza, de voyager et de découvrir le monde.
Rabat : une première étape pour apprendre à m’ouvrir aux autres
Mon arrivée à Rabat Business School a marqué un véritable changement. À Taza, j’avais mes habitudes, mes amis et mes repères. J’étais quelqu’un d’assez réservé, qui n’allait pas spontanément vers les autres. À Rabat, j’ai découvert un nouvel environnement, avec des personnes et des modes de vie auxquels je n’étais pas habitué. Il a fallu faire des efforts, prendre des initiatives et apprendre à m’ouvrir davantage.
Je garde énormément de bons souvenirs de cette première année. J’ai notamment rejoint le Trading Club, ce qui m’a permis de participer à l’organisation de nombreux événements, de prendre part à des voyages et de découvrir des institutions comme Bank Al-Maghrib ou la Banque Nationale du Maroc.
Sur le plan académique, les nombreux travaux de groupe m’ont également fait évoluer. À l’origine, je préférais travailler seul et avais tendance à vouloir prendre un maximum de tâches en charge. J’ai compris que cette méthode avait ses limites. Il fallait apprendre à faire confiance aux autres, à mieux répartir le travail et à construire des solutions collectivement. C’est finalement beaucoup plus enrichissant.
Cette année m’a apporté une véritable ouverture d’esprit. J’ai appris à écouter, à confronter mes idées à celles des autres et à comprendre que l’on obtient souvent de meilleurs résultats en travaillant ensemble. Elle est passée très vite, et j’en garde le souvenir d’une excellente expérience.
Paris : un nouveau départ et un choc culturel
Lorsque je suis arrivé à Paris pour intégrer l’IÉSEG en deuxième année, je découvrais la capitale française pour la première fois. Le choc a été assez impressionnant ! Ce qui m’a immédiatement marqué, c’est le rythme de vie. Tout le monde court, tout le temps : les gens se dépêchent pour prendre le RER, rejoindre leur travail ou attraper un avion. Dès le début de la journée, toute la ville semble en mouvement. Au Maroc, j’avais connu un rythme très différent. Même à Cholet, où j’ai un peu de famille, l’atmosphère est beaucoup plus calme.
Mais ce qui m’a le plus marqué dans ma vie étudiante parisienne, c’est la diversité des personnes rencontrées. À l’école, dans les bars ou même lors de matchs de football, je croisais des étudiants venus du monde entier. Échanger avec des personnes originaires d’Asie, d’Amérique du Sud, d’Europe de l’Est ou d’ailleurs, découvrir leurs cultures et leurs façons de penser, c’est passionnant.
Plus on échange, plus on réalise que nous ne sommes finalement pas si différents. Nous pouvons venir de pays et de milieux très éloignés, mais nous sommes capables de nous comprendre, de partager nos opinions et de construire des relations. Cette ouverture sur le monde est l’une des expériences que j’apprécie le plus dans mon parcours.
Sur le plan académique, j’ai aussi découvert une autre manière de travailler. L’exigence était déjà élevée à Rabat Business School, mais le rythme de l’IÉSEG m’a particulièrement surpris. Au deuxième semestre, les cours s’enchaînaient très rapidement. Nous pouvions consacrer une semaine à un enseignement, travailler en groupe, passer les examens la semaine suivante, puis recommencer immédiatement avec un nouveau cours.
Il fallait donc apprendre à assimiler beaucoup d’informations en peu de temps et à rester régulier. Nous sommes une petite promotion, une dizaine d’étudiants environ, ce qui favorise l’entraide. On se soutient au quotidien et on avance ensemble. Mais il est certain qu’on ne peut pas se permettre de décrocher, même quelques jours.
J’ai également beaucoup apprécié la place accordée à la réflexion personnelle dans la pédagogie française. On nous encourage à exprimer notre avis, à argumenter et à partager notre manière de voir les choses. Cela nous pousse à développer notre esprit critique, plutôt qu’à simplement apprendre un cours.
Mon intégration s’est faite progressivement. Les premiers jours, nous avions des cours uniquement entre les étudiants de notre promotion. Cela nous a permis de faire connaissance et de créer une vraie cohésion. Lorsque les enseignements ont ensuite été mélangés avec ceux d’autres étudiants, nous étions déjà plus à l’aise pour aller vers les autres et découvrir de nouvelles cultures.
Apprendre à m’adapter et à mieux me connaître
Si je devais retenir un seul apprentissage de ce programme, ce serait sans hésiter la capacité d’adaptation. Depuis mon départ de Taza, j’ai dû m’habituer à de nouveaux environnements, à différentes méthodes de travail, à d’autres cultures et à des modes de vie très différents. Cette capacité à évoluer dans des contextes inconnus me semble essentielle, notamment dans le monde professionnel.
Mais cette expérience m’a surtout permis de découvrir des choses sur moi-même. Au lycée, je ne m’imaginais absolument pas vivre à l’étranger, encore moins sur trois continents différents.
Aujourd’hui, je réalise que beaucoup de barrières étaient finalement dans ma tête. Chaque fois que j’ai accepté de sortir de ma zone de confort, j’ai appris et évolué. J’ai découvert que j’étais capable de bien plus que ce que je pensais.
Bien sûr, tout n’a pas toujours été simple. À chaque changement de ville, il a fallu reconstruire une partie de ma vie : trouver un logement, me faire de nouveaux amis, retrouver une routine et prendre de nouveaux repères. Les premières semaines peuvent être difficiles. Partir jeune, s’éloigner de sa famille et de ses proches, ce n’est jamais anodin. Il faut gérer en même temps les démarches administratives, le logement, les dépenses quotidiennes et l’intégration dans de nouveaux groupes. Le mal du pays se fait parfois sentir.
À Paris, le fait d’avoir retrouvé les mêmes étudiants de ma promotion a beaucoup facilité mon installation. Nous sommes arrivés ensemble et avons pu traverser cette nouvelle étape collectivement. Mais mes plus belles surprises restent les rencontres faites à Rabat puis à Paris. J’ai découvert des personnes que je n’aurais probablement jamais croisées si j’étais resté dans mon environnement habituel. Leurs parcours, leurs cultures et leurs façons de penser m’ont énormément enrichi.
Trouver mon équilibre entre études et vie personnelle
À l’IÉSEG, une semaine classique représente généralement entre 15 et 20 heures de cours sur le campus, auxquelles s’ajoute un volume équivalent de travail personnel et de travaux de groupe, notamment pour préparer les examens.
Il faut donc apprendre à s’organiser. De mon côté, je profitais souvent de la fin d’après-midi et des soirées pour découvrir Paris. Nous ne passons qu’une année dans la capitale, alors j’avais envie d’en profiter autant que possible.
J’ai particulièrement apprécié les espaces verts et les parcs parisiens. J’aime pouvoir m’y installer, profiter du calme, m’éloigner de l’agitation et lire un bon livre. J’ai aussi découvert plusieurs musées, avec un coup de cœur pour le Louvre, que je trouve absolument impressionnant.
Pour financer mes études, j’ai la chance de pouvoir compter sur le soutien de ma famille. À Paris, j’ai également pu vivre chez ma sœur, qui disposait d’un appartement dans la capitale. Cette possibilité m’a beaucoup aidé, mais j’ai tout de même compris l’importance de bien gérer mon budget. Lorsqu’on s’installe dans une grande capitale, les dépenses peuvent vite devenir importantes. Il faut anticiper, définir un budget mensuel et apprendre à s’y tenir. C’est aussi une manière de gagner en autonomie et de découvrir les responsabilités de la vie d’adulte.
Cap sur Montréal : une nouvelle aventure commence
Dans quelques mois, je rejoindrai HEC Montréal pour poursuivre la prochaine étape de mon International Triple Bachelor in Business. J’aborde ce départ avec beaucoup plus de sérénité qu’au moment où j’ai quitté Taza. J’ai déjà vécu deux changements importants, de Taza à Rabat, puis de Rabat à Paris. À chaque fois, j’ai découvert une nouvelle manière d’apprendre, de travailler et de penser.
J’ai surtout hâte de découvrir la vie à Montréal. Le fait d’arriver dans un environnement francophone sera certainement un avantage pour faciliter mon intégration, même si je sais que cette nouvelle expérience m’apportera encore beaucoup de découvertes. Après l’Afrique et l’Europe, j’ai envie de voir ce que l’Amérique du Nord peut m’apprendre. Et puisque nous y resterons deux ans, j’aurai davantage le temps de découvrir le pays et son environnement.
Avec le recul, je suis convaincu que le principal atout de ce programme ne réside pas uniquement dans le fait d’obtenir un diplôme de trois institutions. Il tient surtout à la possibilité de découvrir trois cultures, trois environnements académiques et différentes manières de travailler, de collaborer et de manager. On ne repart pas seulement avec des connaissances, mais aussi avec une ouverture d’esprit et une capacité d’adaptation qui, je l’espère, feront la différence dans ma future vie professionnelle.
Si je devais refaire ce choix, je le referais sans hésiter. Ce parcours m’a permis de sortir de ma zone de confort, de m’ouvrir aux autres et, surtout, de mieux me découvrir. Si j’étais resté à Taza, dans cet environnement que je connaissais parfaitement, je ne serais probablement pas devenu la personne que je suis aujourd’hui. J’ai grandi, mûri, traversé des difficultés et accompli beaucoup de choses, sur le plan académique comme personnel. Ma manière de penser, de voir le monde et de me projeter dans l’avenir a profondément changé.
À un lycéen marocain qui hésite à quitter sa ville ou son pays, je dirais de ne pas avoir peur de franchir le pas. Partir à l’étranger ne consiste pas simplement à voyager ou à découvrir de nouveaux endroits. C’est apprendre de nouvelles façons de vivre, de travailler et de penser. Derrière les belles images que l’on voit sur Instagram, il y a aussi du travail, de l’organisation et parfois des moments difficiles. Mais ces périodes où l’on doit tout reconstruire, se créer de nouveaux repères et apprendre à avancer sont précisément celles qui nous font grandir.
Finalement, le plus difficile est souvent de faire le premier pas. Une fois que l’on accepte de quitter sa zone de confort, on découvre que l’on est capable de beaucoup plus que ce que l’on imaginait.
Pour moi, l’International Triple Bachelor in Business est le programme idéal pour apprendre à sortir de sa zone de confort et se retrouver dans des endroits où, quelques mois auparavant, on ne connaissait absolument personne.
Quand je repense au lycéen que j’étais à Taza, je mesure le chemin parcouru. En deux ans, j’ai découvert de nouveaux pays, rencontré des personnes venues du monde entier et vécu des expériences qui m’ont profondément transformé. Je ne suis clairement plus le même étudiant qu’à la sortie du lycée. J’aime la personne que je suis devenu et j’ai surtout hâte de découvrir la suite de cette aventure.




Commentaires