“ L’ESTP propose à ses meilleurs élèves de bachelor de poursuivre leur cursus vers le cycle ingénieur de l’école ”
- Youssef Ziraoui

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À l’heure où les métiers de la construction se transforment sous l’effet des enjeux climatiques, numériques et sociétaux, l’ESTP fait évoluer son modèle. La grande école d’ingénieurs élargit son offre post-bac avec des bachelors reconnus au grade de licence, pensés pour diversifier les profils, renforcer l’employabilité et répondre aux besoins croissants des entreprises. Nouvelles spécialités, pédagogie professionnalisante, ouverture internationale : Carlos Vega, chargé de mission internationale à l’ESTP, détaille la stratégie qui accompagne cette montée en puissance.

L’ESTP a récemment consolidé et élargi son offre de bachelors post‑bac — plusieurs formations ont obtenu le grade de licence, et de nouvelles spécialités ont ouvert à la rentrée 2025. Comment évaluez‑vous cette dynamique et en quoi ces bachelors enrichissent‑ils la mission globale de l’école ?
L’ESTP s’affirme comme la Grande école d’ingénieurs de la construction, avec pour signature « Constructeurs d’un nouveau monde », afin de répondre à l’urgence climatique, environnementale, sociétale et numérique. L’actualisation de son offre de formation - en lien avec l’évolution des besoins, en passant par le lancement de formations post-bac (accréditées par la CTI au grade de licence), la poursuite de l’internationalisation, la recherche et l’innovation en matière de construction durable et décarbonée, et l’enrichissement de l’expérience étudiante, font partie intégrante de la stratégie et de l’évolution de l’école.
Le dernier né des bachelors ESTP est le bachelor GéoData et génie civil, créé avec l’appui de l’ordre des géomètres expert (OGE). Cette formation vise essentiellement les compétences scientifiques, numériques et juridiques des sciences de la mesure et l’analyse de la propriété.
Actuellement, les 4 bachelors proposés aux étudiants internationaux par l’ESTP sont reconnus au grade de licence.
Ces bachelors visent à diversifier les profils des futurs étudiants. Faut‑il nécessairement un bac scientifique pour intégrer l’ESTP aujourd’hui, ou d’autres parcours sont possibles ?
En France, le nombre d’ingénieurs, et de managers intermédiaires, dans le secteur de la construction demeure insuffisant face aux besoins des entreprises. L’ESTP, en lien étroit avec la CDEFI, la CTI et la CGE, cherche à répondre à ce besoin en diversifiant ses formations et les profils de ses élèves, tout en répondant aux enjeux de qualité et d’exigence du secteur. Nos élèves nationaux et internationaux sont issus d’environnements variés, mais sont titulaires d’un bac scientifique, technologique, STI2D, ou d’un diplôme universitaire scientifique. Tous avec un objectif clair : poursuivre leur parcours professionnel dans le secteur de la construction au sens large (énergies, génie civil, génie urbain, environnement, industrie, architecture…).
Quelles compétences ou qualités recherchez‑vous chez les candidats post‑bac, au-delà du simple profil académique ?
Afin de répondre à la demande des employeurs, l’ESTP prend en compte les besoins des entreprises du secteur. L’ESTP forme des ingénieurs de la construction mais avec un profil complet. En effet, outre le côté scientifique, l’ESTP met l’accent sur les soft skills comme le management d’équipes multiculturelles, la gestion de projets complexes, l’esprit collaboratif, les qualités entrepreneuriales, les langues, etc.
L’ESTP forme des ingénieurs de la construction mais avec un profil complet.
Des compétences recherchées également dans le cadre du recrutement de nos étudiants internationaux, parmi lesquelles le niveau et l’intérêt pour les langues, l’appétence pour l’international, l’ouverture d’esprit, les stages réalisés, les activités de volontariat et/ou associatives, etc.
Les valeurs humaines font partie intégrante du profil de l’ingénieur manager de l’ESTP.
Comment l’ESTP parvient‑elle à maintenir un niveau académique et professionnel élevé, tout en accueillant des étudiants aux profils variés ?
L’international est au cœur de l’ESTP : l’internationalisation at home, les partenariats, la mobilité étudiante, l’accueil de doctorants et de professeurs de différents pays, les programmes délocalisés à l’étranger sont des exemples de la diversité international de l’école. Cette diversité internationale n’est pas un frein à l’excellence. Au contraire, l’ESTP a su la maitriser tout en maintenant un niveau de qualité, en sélectionnant les étudiants - via des jurys - sur des critères d’excellence spécifiques.
Nous avons adapté les voies d’admission internationales, sans jamais baisser le niveau. Dès l’entrée, le socle académique (mathématique et scientifique) est commun à tous nos étudiants, nationaux et internationaux. La sélection académique reste exigeante (peu importe le pays et la nationalité). Cela se traduit par une étude en amont des systèmes d’enseignement supérieur, et par l’analyse des compétences et d’équivalences de notes et de diplômes.
Des dispositifs de remise à niveau sont proposés en mathématiques, français et anglais, afin d’aider nos élèves à atteindre le niveau, et cela sans jamais simplifier les cours. Nous forgeons une culture de l’exigence et de la responsabilité, car la réputation de l’école est un enjeu majeur par rapport aux partenaires industriels.
L’école met en avant une approche professionnalisante très forte, avec stages et projets concrets dès les premières années. Quels sont, selon vous, les bénéfices pour les étudiants qui choisissent ces bachelors post‑bac ?
L’une des forces de l’ESTP est la relation avec les entreprises, du secteur de la construction au sens large, mais aussi d’autres secteurs. Les étudiants sont formés à la recherche de stage, et accompagnés dans leurs démarches. Tout au long du cursus, l’école, au travers notamment de sa direction de la formation et de sa direction de la vie étudiante, met en œuvre des actions très concrètes de suivi auprès des élèves, notamment internationaux, avec un accompagnement renforcé vers l’insertion.
L’une des forces de l’ESTP est la relation avec les entreprises, du secteur de la construction au sens large, mais aussi d’autres secteurs.
Des rencontres régulières, individuelles ou en groupe, sont organisées avec les étudiants dans le cadre de leur démarche de stages en entreprise. Des rencontres sont également organisées entreprises tout au long de l’année et dès leur entrée à l’école. Ce qui permet, dans un premier temps aux entreprises, de se faire connaître auprès de nos élèves, de leur présenter leur activité et leurs offres et, dans un deuxième temps, de développer l’intérêt et de préparer nos étudiants à l’entrée sur le marché du travail, tant en termes de savoir-faire que de savoir-être.
Certains bachelors, comme ceux en architecture ou en génie civil, semblent orientés vers des métiers très spécifiques. Peut-on ensuite évoluer vers le programme d’ingénieur classique de l’ESTP ou vers d’autres parcours ?
En effet, cela fait partie des possibilités offertes par l’ESTP, avec notamment des passerelles inter campus. Nous faisons converger nos programmes de bachelors vers le Programme Grande École d’ingénieur, et il est vrai que l’ESTP propose à ses meilleurs élèves de bachelor de poursuivre leur cursus vers le cycle ingénieur ESTP. Sachant qu’il est aussi possible de poursuivre éventuellement vers le cycle ingénieur d’autres écoles.
Par exemple, à Troyes, nous avons développé une orientation sur la rénovation du patrimoine bâti, à travers notre bachelor Architecture & construction proposé en partenariat avec l’École Spéciale d’Architecture (ESA). Ce bachelor offre la possibilité de poursuivre notamment en double cursus architecte-ingénieur.
Le diplôme de bachelor prépare aussi nos élèves à entrer sur le marché du travail à des postes de management intermédiaire, très convoités par les entreprises.
Notre intérêt est d’accompagner nos élèves dans l’orientation et la définition de leur projet académique et professionnel sur l’ensemble de nos campus.
Dans un contexte international, comment l’ESTP prépare‑t‑elle ses étudiants à des carrières à l’étranger ? Des partenariats, doubles diplômes ou échanges sont-ils prévus ?
Chaque année, l’ESTP renforce l’internalisation du curriculum de ses formations de bachelor : l’anglais est présent tout au long de la formation, une mobilité internationale de 4 à 6 semaines est obligatoire (académique en université partenaire, ou professionnelle). Par exemple, un semestre académique en S5 au Canada est proposé à nos étudiants du campus d’Orléans.
L’ESTP possède plus 120 accords de partenariat universitaire à travers les 5 continents, pour assurer la mobilité étudiante de ses élèves ingénieurs et 40 accords de double diplôme à l’international.
D’autres outils sont également proposés : e-learning, web TV, ateliers CV/entretien et mises en situation notamment pour les stages.
L’ESTP possède plus 120 accords de partenariat universitaire à travers les 5 continents, pour assurer la mobilité étudiante de ses élèves ingénieurs et 40 accords de double diplôme à l’international. Nous avons près de 150 étudiants en programme de double diplôme à l’international chaque année.
Les bachelors permettent-ils une intégration progressive dans le monde de l’ingénierie, ou sont-ils conçus comme un tremplin vers des carrières directement opérationnelles après trois ans ?
En France et à l’international, la construction est un secteur en pleine mutation. C’est une activité majeure pour la société, qui implique des métiers qui ont du sens et ont un impact sur le quotidien et la vie de chacun : construire et rénover les lieux où nous habitons ou travaillons, ainsi que les infrastructures qui participent à la mobilité et l’aménagement des territoires.
Notre offre de bachelors a été conçue pour répondre à ces enjeux sociétaux et environnementaux, avec un objectif qui est de former des managers performants d’un point de vue technique, scientifique et relationnel, qui dispose à la fois d’une vision globale et d’une maitrise opérationnelle des aspects éthiques, humains et réglementaires de leur métier.
Les entreprises partenaires de l’école souhaitent recruter ces jeunes diplômés avec un grade de licence, car les besoins sont à tous les niveaux, pas seulement au niveau ingénieur.
Ces programmes permettent donc une insertion professionnelle immédiate ou une poursuite d’études en cursus d’ingénieur.
Enfin, comment l’ESTP se distingue‑t‑elle des autres écoles d’ingénieurs post‑bac qui ouvrent également des bachelors, notamment en termes de pédagogie ou de projets pratiques ?
Malgré un contexte très dynamique et concurrentiel, l’ESTP reste une référence concrète dans le secteur de la construction, de l’immobilier, de l’architecture, des énergies et de l’environnement.
Les cas pratiques étudiés par nos élèves sont inspirés de cas réels proposés par les entreprises, omniprésentes dans l’école. La création d’équipes multiculturelles est encouragée afin de partager les contraintes techniques, économiques et règlementaires en France et dans les autres pays. La diversité internationale est reconnue comme étant un levier de performance.
Malgré un contexte très dynamique et concurrentiel, l’ESTP reste une référence concrète dans le secteur de la construction, de l’immobilier, de l’architecture, des énergies et de l’environnement.
Ce sont les entreprises partenaires qui restent les gardiennes du niveau académique. Elles accueillent nos étudiants en stages et évaluent leurs compétences. L’ESTP veille à ce que les contenus des programmes restent alignés avec les exigences du secteur, référentiels métiers, évolutions numériques, notamment en incorporant des outils comme l’IA, le BIM, le jumeau numérique, etc. L’école innove donc en permanence dans ses pratiques pédagogiques, le contenu de ses plans d’études et les outils utilisés. L’enseignement est aussi bien pratique (laboratoires, projets d’ingénierie et de recherche, business games, etc.) que théorique. C’est ce que les élèves apprécient.
Vous l’avez compris, on intègre l’ESTP pour découvrir les métiers auxquels l’école prépare, mais surtout pour devenir les acteurs performants et engagés du monde de demain.






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