“ J’ai choisi l’ESTP parce que je savais ce que je voulais faire plus tard ! ”
- Youssef Ziraoui

- il y a 1 jour
- 4 min de lecture
À l’heure des choix, entre écoles généralistes et spécialisées, nombreux sont les étudiants de prépa à hésiter. Amine Laachiri lui, a très tôt fait le pari de la spécialisation. De ses années de classes préparatoires à son insertion dans le monde du travail, il revient sur un parcours guidé par une idée claire : aller vite vers le concret et se donner les moyens d’être opérationnel dès la sortie de l’école.

Deux ans de classes préparatoires derrière moi, des nuits trop courtes, des concours à la chaîne… et puis, enfin, les résultats. Plusieurs écoles. Plusieurs chemins possibles. Et cette question, simple en apparence, mais vertigineuse : qu’est-ce que je veux vraiment faire ?
J’avais obtenu un bac scientifique avec mention très bien, puis enchaîné avec une prépa PCSI, avant de basculer en PSI. Un parcours assez classique, presque attendu. Mais au moment des choix, rien ne l’était vraiment. J’étais admis dans des écoles généralistes, dans d’autres plus spécialisées, dans des domaines variés — informatique, industrie, actuariat… Le champ des possibles était large. Peut-être trop. Et puis il y a eu l’ESTP.
Je connaissais déjà sa réputation, bien sûr. Mais au-delà du prestige, il y avait quelque chose de plus concret, de plus tangible. Le bâtiment m’avait toujours attiré, sans que je sache exactement pourquoi. Peut-être parce que c’est un domaine où l’on voit ce que l’on construit. Où les idées prennent forme, littéralement. Où l’on passe du plan au réel. Le choix s’est imposé presque naturellement.
Plonger dans le concret
Dès mon arrivée à l’ESTP Paris, j’ai compris que je n’étais plus dans une approche théorique. Ici, on parle de terrain, de projets, de contraintes réelles. Pendant mes deux premières années, j’ai suivi la formation Bâtiment, avant de m’orienter en troisième année vers une filière anglophone en Civil Engineering, puis une spécialisation en ingénierie et efficacité énergétique. Mais ce sont surtout les stages qui m’ont marqué.
Je repense à mon premier stage, à Casablanca, comme assistant conducteur de travaux. Six semaines à découvrir le chantier, le vrai. La poussière, les imprévus, les délais qui dérapent, les décisions à prendre vite. Rien à voir avec les exercices sur table.
Puis il y a eu Paris. L’Institut National des Invalides, côté maîtrise d’ouvrage. Une autre vision, plus stratégique. Et enfin, mon stage de fin d’études chez Artelia, en MOEx, sur un projet de rénovation lourde. Là, j’étais vraiment au cœur du projet, à coordonner, anticiper, ajuster. C’est à ce moment-là que j’ai su que j’étais à ma place.
Lire aussi : “ L’ESTP propose à ses meilleurs élèves de bachelor de poursuivre leur cursus vers le cycle ingénieur de l’école ”
Un choix stratégique, pas un hasard
Avec le recul, je ne vois pas mon choix comme un pari risqué. Au contraire. C’était un choix stratégique. Le BTP est un secteur immense. Il commence bien avant le chantier — appels d’offres, conception — et se termine bien après, à la livraison. Entre les deux, une multitude d’acteurs, de métiers, de spécialités. Et surtout, un besoin constant de profils formés, opérationnels.
On dit souvent que le BTP est un domaine “terrain”, parfois moins prestigieux. Je pense que c’est une erreur de lecture. Oui, c’est un métier de terrain. Mais c’est justement ce qui fait sa richesse. Comprendre un chantier, anticiper ses contraintes, c’est une compétence qui ne s’improvise pas. Un ingénieur qui n’a jamais mis les pieds sur site passe à côté de l’essentiel.
Un ingénieur qui n’a jamais mis les pieds sur site passe à côté de l’essentiel.
Et surtout, contrairement à d’autres secteurs, le BTP reste profondément humain. On parle beaucoup d’intelligence artificielle, de transformations du marché du travail… mais un chantier ne se gère pas derrière un écran. Il se vit, il se pilote, il s’ajuste en permanence.
L’après école : la réalité du marché
L’insertion professionnelle s’est faite presque naturellement. L’ESTP dispose d’un réseau extrêmement solide, et les forums organisés par l’école sont de véritables accélérateurs. C’est d’ailleurs grâce à l’un d’eux que j’ai décroché mon premier poste.
Je me souviens encore des entretiens. Très souvent, la discussion commençait par une question simple : “Vous êtes à l’ESTP ?” Le nom de l’école ouvre des portes. Mais il faut ensuite être à la hauteur.
Et c’est là que la spécialisation joue un rôle clé. Elle m’a permis d’être rapidement opérationnel, à l’aise sur le terrain, crédible face aux recruteurs. Là où un ingénieur généraliste doit parfois encore se positionner, j’arrivais avec des bases solides, concrètes.
Et maintenant ?
Aujourd’hui, je travaille en tant qu’ingénieur travaux. Chaque jour est différent. Chaque projet apporte son lot de défis. Et c’est exactement ce que je cherchais. Si c’était à refaire ? Je referais le même choix, sans hésiter.
Mon objectif, à terme, est clair : revenir au Maroc. J’ai choisi de venir en France pour apprendre, pour me confronter à d’autres méthodes, à d’autres standards. Mais l’idée a toujours été de revenir, de mettre cette expérience au service de mon pays.
Lire aussi : “ Aux Ponts, j’ai découvert que la césure ouvre des chemins que les cours ne montrent pas ”
Un conseil, peut-être
Si je devais m’adresser à un étudiant en prépa aujourd’hui, je lui dirais simplement ceci : le choix entre une école généraliste et une école spécialisée n’est pas une question de prestige, mais de projection. Si tu sais ce que tu veux faire, alors spécialise-toi. Si tu hésites encore, garde des portes ouvertes. Mais surtout, ne choisis pas par défaut. Parce qu’au final, ce qui compte, ce n’est pas seulement l’école que tu intègres. C’est ce que tu décides d’en faire.




Commentaires