Collèges pionniers : une réforme qui commence à porter ses fruits
- Youssef Ziraoui

- il y a 2 jours
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La réforme des collèges pionniers au Maroc semble produire des résultats tangibles. Selon une évaluation d’impact indépendante menée par le Morocco Innovation and Evaluation Lab (MEL) de l’Université Mohammed VI Polytechnique, en collaboration avec des chercheurs internationaux, le programme affiche des avancées significatives, tant sur le plan des apprentissages que sur celui de la lutte contre le décrochage scolaire.

Portée par le ministère de l’Éducation nationale dans le cadre de la feuille de route 2022-2026, cette réforme a été initiée sous l’impulsion de Chakib Benmoussa, qui en a posé les fondements sans en piloter l’ensemble du déploiement. Elle est aujourd’hui poursuivie et amplifiée par son successeur, Mohamed Saad Berrada, dans une logique de généralisation progressive à l’échelle nationale.
Premier indicateur marquant : le recul du décrochage scolaire. L’étude met en évidence une baisse significative du taux d’abandon en fin d’année dans les établissements concernés, avec un impact encore plus marqué chez les élèves les plus à risque. Dans le même temps, le redoublement recule sensiblement, traduisant une amélioration de la progression des élèves dans leur parcours.
Mais c’est surtout sur le terrain des apprentissages que les effets apparaissent les plus structurants. Les compétences des élèves en arabe, français, mathématiques et sciences progressent de manière notable, avec des gains nettement supérieurs à ceux observés dans les établissements ne bénéficiant pas du programme.
Au-delà des performances académiques, l’étude souligne également des avancées en matière de compétences socio-émotionnelles : confiance en soi, autodiscipline, ou encore capacité à coopérer. Des éléments souvent moins visibles, mais déterminants dans la réussite à long terme des élèves.
Ces résultats s’appuient sur une approche pédagogique globale, combinant plusieurs leviers : remédiation en début d’année, méthodes d’enseignement plus structurées, évaluations régulières, outils numériques et dispositifs d’accompagnement ciblés pour les élèves en difficulté.
Lancé en septembre 2024 dans plusieurs centaines d’établissements, le programme connaît aujourd’hui une montée en puissance rapide, avec une extension progressive à l’échelle nationale.
Si ces premiers résultats apparaissent encourageants, ils devront désormais s’inscrire dans la durée. L’enjeu est clair : transformer cette dynamique en amélioration structurelle du système éducatif marocain, dans un contexte où les attentes en matière de qualité de l’enseignement restent particulièrement élevées.




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