“ Mon expérience au Maroc m’a permis d’observer directement la qualité des talents, l’esprit entrepreneurial et les ambitions nationales en matière d’enseignement supérieur. ”
- Youssef Ziraoui

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Nommé à la direction d’ICN Business School, François Thérin, qui a effectué un passage remarqué au Maroc, prend les rênes d’une institution engagée dans une nouvelle phase de développement académique et international. Dans un contexte de transformation de l’enseignement supérieur et de concurrence accrue entre les grandes écoles de management, l’école vise à renforcer son attractivité auprès des talents, développer l’hybridation de ses programmes et consolider sa présence sur la scène internationale. Dans cet entretien, il détaille la stratégie « glocale » d’ICN, le rôle des classements, l’évolution des formats pédagogiques et la place du Maroc dans la dynamique internationale de l’école.

Vous prenez la direction d’ICN Business School après un parcours marqué par des responsabilités au Maroc et à l’international. Quelle est votre vision stratégique pour ICN dans les prochaines années ?
ICN Business School est dans une phase de transition, qui repose sur trois piliers majeurs : développer son attractivité auprès des talents et des employeurs, accélérer l’hybridation de ses programmes et consolider sa présence à l’international, notamment dans les classements et réseaux internationaux.
Notre ambition est d’accélérer un positionnement résolument « glocal » qui renforce notre ancrage historique en Lorraine et en Europe, tout en développant des ponts académiques et économiques avec les grandes régions de croissance de l’enseignement supérieur. ICN dispose d’un potentiel considérable : l’enjeu est désormais de transformer cette énergie en dynamique visible et durable.
Votre expérience au Maroc influence-t-elle votre lecture du potentiel académique et entrepreneurial du pays ? Quelle place le Maroc occupe-t-il dans votre feuille de route ?
Mon expérience au Maroc m’a permis d’observer directement la qualité des talents, l’esprit entrepreneurial et les ambitions nationales en matière d’enseignement supérieur et d’innovation. Le Maroc est un hub académique et économique majeur entre l’Europe et l’Afrique. Il occupe donc une place naturelle dans notre stratégie internationale : non pas comme un simple marché étudiant mais comme un partenaire académique et scientifique à part entière. Nous souhaitons renforcer les passerelles de formation, de recherche et d’employabilité entre ICN et les institutions marocaines.
Les classements internationaux sont devenus déterminants dans les choix des étudiants. Comment ICN entend-elle renforcer son positionnement et sa visibilité dans un environnement de plus en plus compétitif ?
Les classements sont aujourd’hui un langage commun pour les étudiants, les familles et les employeurs. Ils sont un indicateur de crédibilité internationale. ICN dispose d’atouts structurels solides : accréditations, expertise pédagogique, modèle différenciant.
Nous prévoyons de renforcer la production scientifique, de développer des partenariats académiques de haut niveau et d’accroître la visibilité de nos diplômés sur les marchés internationaux. Ayant déjà piloté des progressions significatives dans les classements internationaux dans mes fonctions précédentes, je sais qu’une trajectoire claire et cohérente produit des résultats mesurables.
Observez-vous une exigence particulière des étudiants marocains et de leurs familles en matière de reconnaissance internationale, d’employabilité et de retour sur investissement ?
Aujourd’hui, près de 40 000 étudiants marocains poursuivent leurs études dans l’enseignement supérieur français, ce qui en fait la première communauté étudiante internationale en France. On observe également une progression notable des inscriptions en écoles de commerce et de management, signe d’un intérêt croissant pour des formations professionnalisantes et internationalisées. Cette dynamique se reflète pleinement à ICN Business School : le Maroc constitue aujourd’hui notre premier contingent d’étudiants internationaux, avec près d’une centaine de nouveaux étudiants accueillis chaque année. Cela témoigne à la fois de l’attractivité de notre modèle pédagogique et de la confiance durable des étudiants marocains.
Le Maroc constitue aujourd’hui notre premier contingent d’étudiants internationaux, avec près d’une centaine de nouveaux étudiants accueillis chaque année.
La reconnaissance internationale du diplôme, une employabilité concrète et un retour sur investissement clair font, en effet, partie des exigences fortes des étudiants marocains et de leurs familles. Nos équipes, en contact direct avec les candidats, sont attentives aux évolutions des attentes et aux signaux émergents. Notre responsabilité est d’y répondre en proposant des formations à la hauteur de leurs ambitions, fondées sur une pédagogie orientée compétences, des liens étroits avec les entreprises et une forte ouverture internationale des parcours.
ICN revendique depuis longtemps le modèle ATM (Art, Technology & Management). Dans un contexte où toutes les écoles parlent d’hybridation, comment maintenez-vous un véritable avantage différenciant ?
De nombreuses institutions parlent aujourd’hui d’hybridation. À ICN, elle est structurelle et historique, notamment à travers notre appartenance à l’alliance Artem qui réunit une école de management, une école d’ingénieurs et une école d’art et de design. Notre modèle Art, Technology, Management est un écosystème pédagogique concret. Il repose sur la conviction que les défis contemporains - transition numérique, innovation responsable, transformation des organisations - nécessitent des profils capables de penser au croisement des disciplines. Cette transversalité vécue constitue notre différenciation.
Concrètement, comment cette approche hybride transforme-t-elle l’expérience académique et la préparation des étudiants aux métiers de demain ?
Les étudiants travaillent sur des projets réels, en équipes interdisciplinaires, au contact d’artistes, d’ingénieurs et de managers. Cette approche développe des compétences clés pour les métiers de demain : créativité appliquée, capacité d’adaptation, compréhension technologique, leadership collaboratif. Elle prépare les étudiants non seulement à occuper un emploi mais aussi à évoluer dans des environnements complexes et en mutation rapide.
Le digital bouleverse profondément l’enseignement supérieur. Quelle est votre vision de l’évolution des formats pédagogiques à ICN dans les cinq prochaines années ?
Nous allons vers un modèle d’apprentissage plus flexible, plus expérientiel et plus international. Le digital ne remplace pas l’expérience académique : il l’enrichit. Nous développons déjà et continuerons de déployer des formats hybrides combinant présentiel, immersion internationale, projets d’entreprises et outils numériques avancés.
Avec des campus à Nancy, Paris et Berlin, comment garantissez-vous une cohérence académique et une même exigence de qualité sur l’ensemble des sites ?
La cohérence académique repose sur trois éléments principaux : un référentiel pédagogique commun, des standards de qualité harmonisés et une gouvernance académique unifiée. La diversité des campus est une richesse, mais l’exigence académique est identique partout. Cette organisation permet d’offrir une expérience internationale cohérente, tout en valorisant les spécificités de chaque écosystème local.

ICN a développé des partenariats solides, notamment avec Al Akhawayn University, Rabat Business School ou l’ISCAE. Comment ces collaborations s’inscrivent-elles dans votre stratégie internationale ?
Les collaborations avec Al Akhawayn University, Rabat Business School et l’ISCAE illustrent notre vision de l’international : des partenariats académiques équilibrés, orientés vers la mobilité étudiante, l’accueil de professeurs, la recherche et les projets communs. Ces institutions montrent une exigence académique et une ouverture internationale qui correspondent pleinement à l’ADN d’ICN.
Peut-on s’attendre à de nouveaux partenariats ou à un renforcement de la présence d’ICN au Maroc ?
Nous souhaitons approfondir notre présence au Maroc en renforçant les coopérations existantes et en explorant de nouvelles formes de collaboration académique et professionnelle.
La dynamique de mobilité étudiante entre le Maroc et la France confirme la pertinence de cette orientation. Toute évolution se fera dans une logique de partenariat durable, fondée sur la complémentarité des expertises et la création de valeur académique et économique pour les étudiants et les territoires.
Enfin, quel message souhaitez-vous adresser aux étudiants marocains qui hésitent aujourd’hui entre plusieurs grandes écoles européennes ?
Choisir une école est une décision importante, qui engage un projet de vie. ICN offre un environnement académique international, un modèle pédagogique différenciant et une forte connexion au monde professionnel. Mais au-delà de ces éléments, nous proposons une expérience humaine et intellectuelle qui vise à former des profils capables de comprendre plusieurs cultures et d’agir dans un monde interconnecté. Aux étudiants marocains, je dirais : choisissez une institution qui vous permettra non seulement de réussir votre carrière, mais aussi de développer votre capacité d’impact et d’adaptation. C’est l’ambition que nous portons.
شكرا بزاف




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