Devenir entraîneur : mode d'emploi
- La rédaction
- 9 janv.
- 4 min de lecture
En pleine fièvre de la CAN, alors que le Maroc s’apprête à jouer ce soir un quart de finale brûlant face au Cameroun, tout un pays retient son souffle. Les débats tactiques envahissent les salons, les cafés et les réseaux sociaux, et le nom de Walid Regragui est sur toutes les lèvres. Mais derrière l’urgence du match et la passion du moment, une autre question affleure : comment devient-on entraîneur de foot au Maroc ? À l’ombre des projecteurs, entre études, formations et vocations nées dans l’effervescence des grandes compétitions, plongée dans un métier qui fait rêver bien au-delà des quatre-vingt-dix minutes.

Walid Regragui : l’exemple qui inspire
Difficile, aujourd’hui, de parler du métier sans évoquer Walid Regragui. Ancien joueur devenu entraîneur, il incarne une nouvelle génération de techniciens marocains, formés, structurés, conscients des exigences du foot moderne. Son parcours rappelle que l’autorité ne vient plus seulement du passé de joueur, mais de la capacité à fédérer, à analyser et à gérer la pression. Il devient un symbole. Celui d’un entraîneur qui doit composer avec l’attente populaire, les médias, les émotions d’un pays entier. Pour beaucoup de jeunes aspirants, Regragui représente moins un modèle à copier qu’une preuve que le métier est possible, ici, sans renier son identité.
Les études : poser des bases solides
Contrairement à une idée reçue, aucun diplôme universitaire n’est officiellement obligatoire pour devenir entraîneur de foot au Maroc. Mais dans les faits, les candidats qui réussissent sont rarement ceux qui se contentent de leur passion. Avoir un niveau baccalauréat est presque indispensable, notamment pour accéder aux formations fédérales.
De nombreux futurs entraîneurs choisissent de suivre des études en lien avec le sport. Les facultés proposant des formations en sciences du sport ou en éducation physique constituent une première étape logique. À Rabat, l’Institut Royal de Formation des Cadres de la Jeunesse et des Sports reste une référence. Il forme chaque année des éducateurs sportifs, des professeurs d’éducation physique et des cadres capables d’encadrer la pratique sportive de manière professionnelle.
Dans plusieurs universités marocaines, notamment à Casablanca, Fès ou Marrakech, des filières en éducation physique, sciences du sport ou management sportif permettent d’acquérir des bases en anatomie, physiologie, pédagogie et psychologie. Ces connaissances, longtemps négligées, sont devenues centrales dans le foot moderne, où l’entraîneur est autant éducateur que stratège.
La formation fédérale : le passage obligé
Une fois les bases posées, toute personne souhaitant entraîner officiellement doit passer par la Fédération Royale Marocaine de Football. La FRMF est la seule institution habilitée à délivrer des diplômes reconnus au niveau national et africain.
La première marche est la licence C. Elle permet d’entraîner les jeunes catégories et les équipes amateurs. Les formations sont dispensées dans les centres régionaux de la fédération et mêlent théorie et pratique. On y apprend à organiser une séance, à comprendre le développement de l’enfant, à transmettre les fondamentaux du jeu.
Avec de l’expérience, il est ensuite possible d’accéder à la licence B, puis à la licence A. Plus on monte, plus les exigences augmentent. Les contenus deviennent plus tactiques, plus analytiques, et les critères de sélection plus stricts. La licence Pro, ultime étape, est réservée à une minorité et conditionne l’accès aux clubs professionnels et aux compétitions africaines. Ces formations sont sélectives, parfois longues à obtenir, et nécessitent une expérience concrète sur le terrain. Elles demandent aussi une grande disponibilité, ce qui explique pourquoi beaucoup de candidats mettent plusieurs années à gravir les échelons.
Commencer sur le terrain, loin des stades
Avant de diriger une équipe professionnelle, la majorité des entraîneurs marocains commencent dans l’ombre. Écoles de foot privées, clubs de quartier, centres de formation modestes : c’est là que s’acquièrent les heures d’entraînement exigées pour accéder aux diplômes supérieurs. Ces débuts sont rarement confortables. Les contrats sont précaires, parfois inexistants, et la rémunération reste faible. Mais cette période est essentielle. Elle permet de comprendre la réalité sociale du football marocain, de travailler avec des enfants et des adolescents pour qui le ballon représente souvent bien plus qu’un loisir. Face aux limites du calendrier fédéral marocain, certains choisissent de se former à l’étranger. La France attire particulièrement, grâce à ses diplômes d’entraîneur délivrés par la Fédération Française de Football et à ses formations universitaires en STAPS. L’Espagne et la Belgique sont également prisées.
Ces parcours ont un coût, mais ils offrent une formation continue, structurée et reconnue. Au retour, un diplôme européen constitue un atout indéniable sur un CV, même si la reconnaissance officielle par la FRMF peut nécessiter des équivalences.
Les contacts à noter
La Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) constitue le point de départ incontournable. Son site officiel, www.frmf.ma, publie les informations relatives aux licences d’entraîneur, aux conditions d’inscription et aux calendriers des formations. Les Ligues régionales, rattachées à la FRMF, sont également des interlocuteurs clés pour un premier accompagnement local et le dépôt des dossiers.
Sur le plan académique, l’Institut Royal de Formation des Cadres de la Jeunesse et des Sports (IRFC), basé à Rabat, reste une référence nationale pour les formations en éducation physique et en encadrement sportif. Plusieurs universités publiques, notamment à Rabat, Casablanca, Fès et Marrakech, proposent par ailleurs des cursus en sciences du sport, éducation physique ou management sportif.
Enfin, les clubs amateurs, écoles de foot et centres de formation privés constituent souvent les premières portes d’entrée sur le terrain. C’est là que se construit l’expérience indispensable pour accéder aux formations fédérales et commencer à tracer son chemin dans le foot marocain.




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