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“Un MBA est un levier d’accélération de carrière.”

  • Photo du rédacteur: Youssef Ziraoui
    Youssef Ziraoui
  • 16 avr.
  • 5 min de lecture

Formats full-time ou executive, financement, retour sur investissement, critères de sélection… Ali Elyassari, Recruitment Manager à emlyon business school, revient sans détour sur ce qui fait aujourd’hui la valeur d’un MBA, et sur la manière dont ces programmes transforment concrètement les parcours professionnels, y compris pour les talents marocains.


Ali Elyassari - Recrutement Manager pour le programme IMBA à emlyon business school,
Ali Elyassari - Recrutement Manager pour le programme IMBA à emlyon business school,

Pour commencer, pourriez-vous vous présenter et nous expliquer les différentes offres MBA proposées par emlyon business school ?


Je suis Ali Elyassari, Recruitement Manager pour le programme IMBA à emlyon business school, où j’accompagne des profils expérimentés dans leur projet de transformation professionnelle. Nous proposons plusieurs formats de MBA, conçus pour répondre à des besoins et des moments de carrière différents : Notre International MBA est un programme full-time ou Partime, très immersif, destiné à des jeunes professionnels souhaitant accélérer ou réorienter leur carrière à l’international ;  Nous proposons également des formats Executive MBA, qui permettent à des cadres dirigeants plus expérimentés de se former tout en poursuivant leur activité.


Aujourd’hui, un MBA représente un investissement conséquent. Comment justifiez-vous son coût, et comment un candidat peut-il en évaluer concrètement le retour sur investissement ?


Un MBA est effectivement un investissement important, mais il faut le considérer comme un levier d’accélération de carrière. Le retour sur investissement ne se limite pas uniquement à une augmentation salariale, même si elle est souvent au rendez-vous, mais inclut aussi l’accès à de nouvelles responsabilités, un changement de trajectoire ou une ouverture internationale et plus largement une transformation personnelle.


Pour l’évaluer concrètement, un candidat doit se poser trois questions : Quel est mon objectif post-MBA ? À quel horizon de temps ? Et enfin, quels moyens alternatifs ai-je pour y parvenir ? Nous accompagnons beaucoup nos candidats dans cette réflexion, en leur donnant accès à des données d’insertion, des témoignages alumni et des mises en relation.


Quels sont aujourd’hui les principaux modes de financement pour les candidats, et comment les accompagnez-vous concrètement dans cette démarche ?


Les modes de financement sont multiples : financement personnel, soutien de l’entreprise, prêts bancaires, ou encore bourses partielles. Notre rôle est d’accompagner chaque candidat de manière très individualisée. Nous les aidons à structurer leur dossier, à préparer une demande de financement auprès de leur employeur, et à identifier les solutions les plus adaptées à leur situation. Cette phase est souvent déterminante dans la concrétisation du projet.


Observez-vous une implication croissante des entreprises dans le financement de ces parcours, notamment via des dispositifs corporate ou des conventions ?


Oui, on observe une implication croissante, notamment dans les grandes entreprises et les groupes internationaux. Elles identifient le MBA comme un outil de développement et de fidélisation des talents. Les entreprises font face à des challenges de plus en plus rapides et globaux ; elles ont besoin de leaders formés à la pensée critique, capables de mener des transformations importantes. Cela se traduit par des co-financements, des congés formation ou des parcours construits en partenariat avec l’entreprise. Notre format part time permet à leurs collaborateurs de se former tout en conservant leur rôle à plein temps.


Contrairement à la France, il n’existe pas au Maroc de dispositifs équivalents à la formation professionnelle ou à la taxe d’apprentissage. Est-ce, selon vous, un frein à l’investissement des entreprises dans ces parcours ?


C’est effectivement une différence structurelle importante. Cela peut constituer un frein, mais ce n’est pas bloquant. Au Maroc, nous observons que les entreprises qui investissent dans ces parcours le font de manière plus ciblée, souvent dans une logique de rétention et de développement de talents clés. Cela suppose un travail plus direct entre le collaborateur et son entreprise, avec une démonstration claire de la valeur créée. La France représente plutôt une exception sur ces dispositifs, d’autres pays, dont les Etats-Unis, ont une culture d’investissement en MBA beaucoup plus aboutis sans aucun levier de financement public.


Quels sont les principaux critères de sélection pour intégrer l’International MBA d’emlyon ?


Nous recherchons avant tout des profils à fort potentiel, avec une expérience professionnelle significative, une capacité à évoluer dans des environnements internationaux et une vraie cohérence de projet. Au-delà des critères académiques, nous accordons une grande importance à la personnalité, au leadership, à la capacité à travailler en équipe. Entreprendre un projet de MBA est exigeant, l’envie d’apprendre est importante pour faire de l’expérience un succès. L’International MBA s’adresse à des professionnels ayant généralement entre 3 - 5 et 8 - 10 ans d’expérience professionnelle (7,5 ans en moyenne), issus d’horizons variés : ingénieurs, consultants, profils business, entrepreneurs. Nous cherchons avant tout de la diversité culturelle, sectorielle, fonctionnelle car c’est ce qui fait la richesse de l’expérience MBA.


Concrètement, en quoi le MBA transforme-t-il une trajectoire professionnelle ? Quels sont les impacts les plus visibles après le programme ? Avez-vous des exemples probants au Maroc?


Le MBA agit souvent comme un accélérateur ou un pivot. Les transformations les plus visibles sont : un changement de fonction (par exemple, passer d’un rôle technique à un rôle managérial) ; un changement de secteur ; ou une mobilité internationale. Au Maroc, nous avons plusieurs exemples de diplômés ayant intégré des groupes internationaux, lancé leur entreprise ou accédé à des postes de direction. Le réseau joue ici un rôle clé dans l’accès à ces opportunités.


Le marché marocain est particulièrement dynamique. Comment percevez-vous aujourd’hui l’image d’emlyon au Maroc, notamment après une période de présence locale suivie d’un retrait ?

emlyon business school bénéficie toujours d’une image très solide au Maroc, portée par la qualité de ses programmes et par la réussite de ses alumni. Même après une évolution de notre présence locale, nous restons très engagés sur ce marché, avec une approche plus ciblée, notamment à travers des partenariats et des actions de proximité.


Comment mobilisez-vous et animez-vous votre réseau d’alumni au Maroc, et quel rôle joue-t-il dans le développement de l’école sur le territoire ?


Le réseau alumni est absolument stratégique. Nous organisons régulièrement des événements, des rencontres et des interventions d’alumni pour maintenir une dynamique forte. Ils jouent un rôle clé à la fois comme ambassadeurs de la marque, mentors pour les candidats et relais d’opportunités professionnelles. Nous avons une équipe basée en Afrique à Abidjan qui permet une proximité avec le marché africain.


Quel rôle joue votre partenariat avec Centrale Casablanca dans votre stratégie au Maroc, et quels en sont les objectifs concrets ? 


Notre partenariat avec Centrale Casablanca s’inscrit dans une logique de collaboration académique et de développement de passerelles. L’objectif est de créer des synergies entre ingénieurs et managers, de favoriser les parcours internationaux et de renforcer notre ancrage dans l’écosystème local.


Enfin, quel conseil donneriez-vous à un professionnel qui hésite aujourd’hui à franchir le pas du MBA ?


Je lui dirais de ne pas voir le MBA uniquement comme une formation, mais comme une expérience de transformation. La vraie question n’est pas “est-ce le bon moment ?” mais plutôt “quel projet est-ce que je veux accélérer ?”. Si le projet est clair, alors le MBA devient un formidable catalyseur. Et surtout : échanger avec des alumni, confronter son projet, et se projeter concrètement dans l’après. C’est souvent ce qui permet de lever les dernières hésitations.


 
 
 

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