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Comprendre le système d’admission américain : diplômes, critères et stratégie.

  • La rédaction
  • 29 sept. 2025
  • 4 min de lecture

Étudier aux États-Unis n’est pas seulement une question de notes. C’est un projet stratégique qui combine ambition, cohérence et capacité à se raconter. Ancienne responsable de programmes à IE University, Elsa Boustany  a conseillé plus de 500 étudiants vers des universités sélectives comme Harvard, NYU, Oxford ou McGill. Avec plus de 200 campus visités et une expertise directe auprès des comités d’admission, elle décrypte ici le système d’admission américain : diplômes, critères de sélection et stratégie.


Elsa Boustany - Founder of Your World Education Lab
Elsa Boustany - Founder of Your World Education Lab

Déconstruire les idées reçues


Le modèle américain attire de plus en plus d’étudiants au Maroc. Flexibilité des parcours, excellence académique, ouverture internationale et fortes perspectives d’insertion professionnelle en font une option de plus en plus prisée, même si elle reste encore mal comprise. De fait, plusieurs mythes persistent autour des admissions américaines. Il n’est pas nécessaire d’avoir 20/20 pour intégrer Harvard : un dossier équilibré et cohérent peut compenser des notes autour de 16 ou 17. De nombreuses universités sont désormais “test-optional”, ce qui signifie que l’absence de SAT (Scholastic Assessment Test, un test standardisé utilisé principalement pour les admissions dans les universités américaines) n’élimine pas un candidat. Enfin, il n’est pas indispensable de multiplier les activités extrascolaires : deux ou trois engagements solides et approfondis valent mieux qu’une dizaine d’initiatives superficielle



Il n’est pas nécessaire d’avoir 20/20 pour intégrer Harvard : un dossier équilibré et cohérent peut compenser des notes autour de 16 ou 17


Des diplômes variés et flexibles


Au premier cycle, le Bachelor constitue le diplôme de base. D’une durée de quatre ans, il se décline principalement en deux formats. Le Bachelor of Arts (BA) s’oriente vers les sciences humaines, les langues, la littérature ou les sciences sociales. Le Bachelor of Science (BSc), lui, met davantage l’accent sur les disciplines scientifiques, l’ingénierie, l’économie quantitative ou l’informatique. L’un des grands atouts du système américain réside dans sa flexibilité : les étudiants peuvent changer de spécialisation en cours de route, en combiner deux ou ajouter un “minor”, c’est-à-dire une sous-spécialisation.


Au deuxième cycle, plusieurs options existent après un Bachelor. Le Master of Science (MSc) est une formation spécialisée et technique, idéale pour approfondir un domaine précis comme la finance, le marketing ou la data. Le Master in Management (MiM), davantage répandu en Europe qu’aux États-Unis, cible les jeunes diplômés avec peu ou pas d’expérience professionnelle. Enfin, le Master of Business Administration (MBA), réservé aux candidats ayant déjà trois à cinq ans d’expérience, est le plus prestigieux. Plus coûteux et plus sélectif, il constitue souvent un tremplin vers des postes de direction ou un changement de trajectoire professionnelle.


GPA : comment lire les notes américaines


Le GPA (Grade Point Average) correspond à la moyenne américaine, calculée sur 4.0. Un GPA de 4.0 équivaut à une note française comprise entre 18 et 20, soit un niveau excellent. Avec 3.7, on se situe autour de 16.5–17.5, considéré comme très bon. Un GPA de 3.5, soit environ 15.5–16.5, reste compétitif pour la plupart des universités, à condition que le profil global soit cohérent et bien construit.



L’un des grands atouts du système américain réside dans sa flexibilité : les étudiants peuvent changer de spécialisation en cours de route, en combiner deux ou ajouter un “minor”


Des admissions holistiques


Contrairement au système français, qui repose essentiellement sur les notes et les concours, les admissions américaines adoptent une approche dite “holistique”. Les universités ne se limitent pas aux résultats académiques. Elles examinent également les scores aux tests standardisés comme le SAT ou l’IELTS, les activités extrascolaires, les projets personnels, les essais de motivation et les lettres de recommandation. Chaque pièce du dossier contribue à dresser un portrait global du candidat.


Un élément essentiel est le “fit”, terme qui désigne l’adéquation entre le candidat et l’établissement. Les universités cherchent non seulement des étudiants brillants, mais aussi des profils capables d’apporter une valeur ajoutée humaine et culturelle à leur campus. Personnaliser ses essais, valoriser ses engagements et montrer une compréhension fine des priorités de l’université sont des clés pour maximiser ses chances.



Les universités cherchent non seulement des étudiants brillants, mais aussi des profils capables d’apporter une valeur ajoutée humaine et culturelle à leur campus.


Le rôle des tests standardisés


Le SAT reste l’un des tests les plus demandés. Il se compose d’une section Reading & Writing et d’une section Math, pour un total de 1600 points. La préparation dépend de l’objectif fixé : un score supérieur à 1400 requiert souvent trois à six mois de travail, tandis qu’un objectif à 1100 peut être atteint avec un à deux mois d’entraînement, notamment via des plateformes comme Khan Academy.


À côté du SAT, l’IELTS mesure la maîtrise de l’anglais à travers quatre compétences : compréhension orale, lecture, expression écrite et expression orale. Les universités les plus sélectives attendent en général un score compris entre 6.5 et 7.5.


Les relevés scolaires et l’évaluation du dossier


Les universités américaines exigent les relevés de notes des trois dernières années, traduits en anglais et certifiés. Le GPA est calculé à partir de ces documents, ce qui permet aux comités d’admission d’évaluer la progression académique de l’étudiant.


Pour estimer ses chances d’admission, il est recommandé de comparer son GPA et ses scores aux moyennes des admis dans l’établissement ciblé, mais aussi de prendre en compte son rang dans la classe et le taux global d’acceptation de l’université.


Deux philosophies d’admission


La France et les États-Unis adoptent deux logiques différentes. En France, le système est centralisé via Parcoursup et largement basé sur les résultats scolaires ou les concours. Aux États-Unis, le processus est décentralisé et chaque dossier est lu dans son ensemble, de manière contextualisée et humaine. Là où l’on demande en France “quel programme voulez-vous suivre ?”, les universités américaines posent plutôt la question : “qui êtes-vous et qu’allez-vous apporter à notre campus ?”.



 
 
 

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