top of page

Informer, Orienter, Inspirer.

“ À Polytechnique, ce nouveau master en alternance plonge les étudiants au cœur des nouvelles technologies du cinéma “

  • Leila Chik
  • il y a 6 jours
  • 4 min de lecture

Allier mathématiques de haut niveau, informatique graphique et immersion dans les industries du cinéma : c’est l’ambition du Master Informatique graphique et nouvelles technologies du numérique pour le cinéma, porté par l’École polytechnique de Paris en partenariat avec l’ENS Louis-Lumière depuis septembre 2025. Conçu en alternance et adossé à la recherche de pointe, ce nouveau programme entend former des profils capables d’innover au cœur des mutations technologiques qui transforment aujourd’hui la création audiovisuelle, de la production virtuelle à l’intelligence artificielle. Pascal Guehl, directeur du programme, revient pour Campus Mag sur la genèse de cette formation, ses exigences académiques et ses débouchés.


Pascal Guehl - Ingénieur et directeur du Master Extended Cinematography de l'Ecole Polytechnique
Pascal Guehl - Ingénieur et directeur du Master Extended Cinematography de l'Ecole Polytechnique


Pouvez-vous revenir sur votre parcours et ce qui vous a conduit à diriger le programme informatique graphique et nouvelles technologies (Extended Cinematography) de l’École Polytechnique ?


J’ai commencé ma carrière dans l’industrie comme programmeur temps réel, avant de rejoindre des sociétés de services. Cherchant davantage de stimulation intellectuelle, je me suis orienté vers la recherche, en tant qu’ingénieur de recherche spécialisé en programmation 3D temps réel.C’est à ce moment-là que j’ai découvert le parcours des doctorants, dont beaucoup rejoignaient ensuite de grands groupes internationaux comme Disney, Nvidia ou Weta Digital. Cette proximité avec la recherche et l’innovation m’a donné envie de faire un doctorat, que j’ai terminé récemment. À l’issue de celui-ci, on m’a proposé de rejoindre l’École polytechnique pour participer à la création d’un nouveau master, en partenariat avec l’ENS Louis-Lumière. Le projet m’a immédiatement séduit.


Quel est l’objectif de ce nouveau Master ?


Ce master s’inscrit dans le cadre du programme France 2030, au sein du projet « La Grande Fabrique de l’Image ». L’ambition est de renforcer la capacité française à innover dans les domaines du cinéma, des séries, du jeu vidéo, de l’animation et des effets spéciaux, notamment autour de la production virtuelle. Nous avons donc construit un Master sur deux ans, très fortement orienté mathématiques et informatique, tout en intégrant une solide formation cinéma apportée par l’ENS Louis-Lumière.


Depuis quand existe cette formation ?


Le Master a ouvert en septembre dernier. Nous avons volontairement commencé avec une promotion très réduite : neuf étudiants cette année, pour un maximum de quinze à terme. Cela nous permet d’ajuster finement la maquette pédagogique.


Pourquoi avoir choisi le format de l’alternance ?


À l’origine, ce n’était pas un choix pédagogique, mais une contrainte liée à la gratuité imposée par les financements publics. L’alternance permettait de faire porter le coût de la formation par l’entreprise d’accueil.Finalement, c’est devenu un véritable atout : les étudiants sont immergés très tôt dans l’industrie, ce qui est extrêmement formateur. Aujourd’hui, nous en sommes pleinement convaincus.


Dans quels types d’entreprises les étudiants effectuent-ils leur alternance ?


Nous avons réussi à placer nos étudiants dans des structures de très haut niveau : AMD Research, Sony CSL (le département R&D de Sony), Fortiche Production, ou encore des sociétés spécialisées en effets spéciaux. L’objectif est clair : leur ouvrir les portes des plus grands acteurs français et internationaux de la 3D, des effets visuels et de la production virtuelle.


Nous avons réussi à placer nos étudiants dans des structures de très haut niveau : AMD Research, Sony CSL (le département R&D de Sony), Fortiche Production, ou encore des sociétés spécialisées en effets spéciaux.

Quels débouchés offre concrètement ce Master ?


Les technologies que nous enseignons sont transversales. Les diplômés peuvent s’orienter vers le cinéma, la télévision, l’animation, le jeu vidéo, mais aussi vers les applications immersives en réalité virtuelle ou augmentée. Certains poursuivent également en doctorat. Nous formons avant tout des profils capables d’innover, de faire de la recherche et développement, et pas seulement d’utiliser des outils existants.


Quel est le rôle des entreprises partenaires dans la formation ?


Le Master étant très récent, les entreprises sont pour l’instant surtout impliquées via l’accueil des alternants. Mais nous travaillons déjà avec plusieurs partenaires pour intégrer des interventions, des workshops et des retours d’expérience sur les technologies les plus avancées. La maquette est évolutive, et nous l’adaptons progressivement en fonction des retours de l’industrie.


Quelles sont les conditions d’admission ?


Le niveau d’entrée est volontairement élevé. Nous privilégions des profils ayant une double formation en mathématiques et informatique, car le rythme est très intense. Nous avons néanmoins fait preuve d’ouverture : cette année, un étudiant issu d’un cursus cinéma a intégré la formation après s’être fortement auto-formé en sciences informatiques. L’alternance a joué un rôle clé dans sa réussite.


Le niveau d’entrée est volontairement élevé. Nous privilégions des profils ayant une double formation en mathématiques et informatique, car le rythme est très intense.

Justement, comment qualifieriez-vous le rythme de la formation ?


Il est exigeant. L’organisation repose sur des blocs de trois mois de cours, puis trois mois en entreprise, sur deux ans. Les étudiants suivent environ 35 heures de cours par semaine, avec des projets et des évaluations régulières. Nous avons identifié des ajustements à faire, notamment pour mieux répartir la charge, mais cette intensité fait aussi partie de l’ADN de la formation.


Comment le Master s’adapte-t-il aux évolutions rapides du secteur, notamment à l’IA générative ?


Nous combinons deux forces : d’un côté, une veille permanente de l’industrie via conférences, salons et réseaux professionnels ; de l’autre, l’expertise de chercheurs qui suivent l’état de l’art scientifique au plus près.L’IA générative, par exemple, n’est pas enseignée comme un outil de remplacement, mais comme un levier pour automatiser certaines tâches et libérer du temps pour la création. Former des profils capables de comprendre, d’évaluer et d’innover est devenu essentiel.


Il existe peu de formations aussi poussées en mathématiques et informatique appliquées à l’image, surtout couplées à une vraie immersion industrielle.

En quoi ce Master constitue-t-il un accélérateur de carrière ?


Il existe peu de formations aussi poussées en mathématiques et informatique appliquées à l’image, surtout couplées à une vraie immersion industrielle. Grâce aux réseaux combinés de l’École polytechnique et de l’ENS Louis-Lumière, nos étudiants peuvent accéder à des opportunités en France comme à l’international, dans des groupes de tout premier plan. Dans un contexte où les technologies évoluent extrêmement vite, les entreprises ont besoin de profils capables de faire de la R&D et d’anticiper les ruptures. C’est précisément ce que nous cherchons à former.

 
 
 

Commentaires


bottom of page