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“Mon échange à l’ESSEC m’a appris qu’un bon ingénieur est celui qui sait donner du sens à l’action”

  • Leila Chik
  • 8 janv.
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 24 janv.

Hafsa Rafik, élève-ingénieure à l’École Centrale Casablanca, revient sur l’échange académique qui a marqué un tournant dans son parcours. Après une formation exigeante en classes préparatoires au Lycée Mohammed VI d’Excellence, puis un cursus généraliste orienté vers l’ingénierie des systèmes et l’aide à la décision, elle a choisi de s’immerger le temps d’un semestre à l’ESSEC Business School. Non comme une parenthèse, mais comme un levier. Une expérience pour élargir son regard d’ingénieure, comprendre les ressorts stratégiques et managériaux de la décision, et apprendre à relier rigueur technique et action concrète. Entre ingénierie, management et ouverture humaine, elle raconte comment cet échange est devenu un point de bascule dans sa manière de penser, de travailler et de se projeter.


Hafsa Rafik - Etudiante à l'Ecole Centrale Casablanca et à l'ESSEC Business School
Hafsa Rafik - Etudiante à l'Ecole Centrale Casablanca et à l'ESSEC Business School

Je m’appelle Hafsa Rafik, et s’il y a une expérience qui a marqué un véritable tournant dans mon parcours, c’est mon échange académique à l’ESSEC Business School. Je l’ai effectué au printemps 2025, en deuxième année du cursus à l’École Centrale Casablanca, dans le cadre d’un partenariat officiel entre les deux établissements. Un semestre que je n’ai jamais pensé comme une parenthèse, mais comme un moment structurant, à la fois intellectuel et personnel.


Avant l’ESSEC, mon chemin était déjà exigeant et rigoureux. J’ai suivi des classes préparatoires scientifiques au Lycée Mohammed VI d’Excellence, où la physique et les sciences de l’ingénieur m’ont appris la discipline, la constance et le respect de la complexité. Puis j’ai intégré l’École Centrale Casablanca, attirée par sa formation généraliste et sa vision transverse de l’ingénierie. Progressivement, je me suis orientée vers l’ingénierie des systèmes, l’aide à la décision, l’analyse de données et la supply chain, qui sont des domaines où la technique ne prend sens que si elle s’inscrit dans une réflexion globale.


Quand l’ingénierie rencontre le management : le déclic ESSEC


C’est cette volonté qui m’a poussée à candidater pour l’échange avec l’ESSEC. Le programme n’est pas accessible à tous : les places sont limitées et la sélection repose sur une évaluation globale du dossier, prenant en compte le parcours académique, la cohérence du projet et l’engagement de l’étudiant. Être retenue a été une reconnaissance, mais aussi une responsabilité : celle de tirer pleinement parti d’un cadre exigeant.


L’échange s’est déroulé sur le campus de Rabat, où nous étions logées directement sur le campus de l’ESSEC. Sur le plan pratique, l’expérience a été particulièrement fluide : aucun frais supplémentaire n’était à prévoir. Les frais de scolarité faisaient entièrement partie de ceux déjà payés à Centrale Casablanca, et même le logement était pris en charge par l’école d’accueil. Dès mon arrivée à l’ESSEC, j’ai été frappée par la qualité de l’accueil et par l’exigence du cadre académique. L’installation a été fluide, sereine, presque naturelle, ce qui m’a permis de me concentrer immédiatement sur l’essentiel : apprendre 


Sortir du cadre technique pour apprendre à décider


Contrairement à certaines idées reçues, le passage d’une école d’ingénieur à une Business School ne m’a pas donné l’impression de changer de monde. Au contraire, j’y ai vu une continuité. La formation généraliste de Centrale Casablanca m’avait déjà préparée aux dimensions managériales. L’ESSEC m’a permis de les approfondir, de les observer de près, de les mettre en perspective. J’y ai compris que l’ingénierie et le management ne s’opposent pas : ils se nourrissent mutuellement.


L’ingénierie apporte la rigueur, la capacité à modéliser et à comprendre des systèmes complexes. Le management, lui, permet de transformer cette rigueur en action : organiser, prioriser, négocier, décider. Gérer la complexité, ce n’est pas seulement résoudre un problème technique ; c’est aussi comprendre les dynamiques humaines, les contraintes économiques et les enjeux stratégiques. À l’ESSEC, j’ai appris à donner une dimension concrète et opérationnelle à mes raisonnements d’ingénieure.


L’échange : un accélérateur de vision et de maturité


Ce semestre a aussi été une expérience profondément personnelle. Être dans un nouvel environnement académique, avec des profils différents, des modes de pensée variés, oblige à se repositionner. On apprend à écouter davantage, à structurer ses idées autrement, à défendre un point de vue sans se réfugier derrière la technicité. C’est une école de clarté, de maturité et d’ouverture. Avec le recul, je mesure à quel point cet échange a influencé la suite de mon parcours. Il a renforcé mon intérêt pour les domaines à l’interface entre technique et décision, et a naturellement nourri mon choix de me spécialiser ensuite en supply chain et management des opérations. 


Plus largement, il m’a donné une vision plus complète du rôle de l’ingénieur : un professionnel capable non seulement de concevoir, mais aussi de piloter, de coordonner et d’accompagner le changement. Si je devais retenir une leçon de mon échange à l’ESSEC, ce serait celle-ci : un bon ingénieur n’est pas seulement celui qui maîtrise des outils, mais celui qui sait donner du sens à l’action. Les expériences d’échange ne sont pas des détours. Elles sont des accélérateurs de lucidité. Elles forment des profils capables de relier les mondes, de comprendre la complexité dans toutes ses dimensions, et d’agir avec justesse. À celles et ceux qui hésitent encore, je dirais que l’échange n’est pas un luxe, mais une opportunité structurante. Il demande de l’exigence, de l’engagement et de l’ouverture, mais il transforme durablement la manière de penser, de travailler et de se projeter. Pour moi, l’ESSEC n’a pas été une parenthèse : elle a été un point d’ancrage.


 
 
 

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