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Ayyoub Bouaddi : un génie, deux terrains

  • La rédaction
  • 24 juin
  • 4 min de lecture

À 18 ans, Ayyoub Bouaddi a déjà réalisé ce que beaucoup de joueurs rêvent d'accomplir dans une carrière entière. Révélation d’un Mondial où les Lions de l'Atlas s’affirment comme de sérieux challengers, le milieu Marocain a fait souffrir la Seleção avant de contribuer à la victoire contre l'Écosse. Étudiant en mathématiques à l'Université d'Aix-Marseille et ancien lauréat d'un concours d'éloquence à l'Élysée, le jeune international s'impose aujourd'hui comme l'un des grands espoirs du football mondial. Portrait d'un crack.


Ayyoub Bouaddi contre le Brésil en coupe du monde 2026
Ayyoub Bouaddi contre le Brésil en coupe du monde 2026

Il y a parfois des matchs qui changent une trajectoire. Le 13 juin 2026, au MetLife Stadium de New York, le Maroc affronte le Brésil pour son entrée dans la Coupe du monde. En face, Vinicius Jr, Raphinha et tout ce que le Brésil compte de talents confirmés. Au milieu du terrain, un adolescent de 18 ans joue pourtant comme si le rendez-vous lui appartenait. Pendant quatre-vingt-dix minutes, Ayyoub Bouaddi dicte le rythme, casse les lignes, résiste au pressing brésilien et s'impose comme l'une des sensations du tournoi. Le score final affiche 1-1. 


Mais ce soir-là, c'est surtout un nom que le monde découvre : celui d'un jeune Franco-Marocain qui a choisi les Lions de l'Atlas et semble déjà prêt à en devenir l'un des visages pour la prochaine décennie. Une précocité qui ne se limite d’ailleurs pas aux terrains de foot. 


Surdoué


Né le 2 octobre 2007 à Senlis, de parents marocains installés dans l'Oise, Ayyoub Bouaddi grandit à Creil. À l'école primaire Jean-Macé, il saute le CM2. Pas parce qu'on l'y pousse, mais parce qu'il s'ennuie. Il poursuit au collège des Bourgognes de Chantilly, avec une année d'avance, des résultats scolaires hors norme, et déjà ce calme déroutant qu'on lui reconnaîtra plus tard sur un terrain de Ligue des champions.

Le 8 juillet 2024, Ayyoub Bouaddi obtient son bac scientifique avec mention très bien. Il a seize ans. Pendant que la plupart de ses camarades de génération débutent tout juste leur terminale, lui range son diplôme et s'inscrit à distance à une licence de mathématiques à l'Université d'Aix-Marseille. La question qui vient immédiatement — pourquoi ? — il y répond avec une clarté désarmante, dans un entretien au Parisien : « Je fais une licence de maths pour bonifier mon temps libre. Ça fait aussi partie de la manière dont j'ai été éduqué par mes parents, ma famille, mon entourage ».


Bonifier son temps libre. L'expression dit tout. Georges Tournay, directeur du Pôle Espoir de Liévin qui l'a encadré deux ans, en parlait à RMC avec un mélange d'admiration et d'incrédulité : « C'est un garçon mature, intelligent, jamais en stress et avec une grande confiance en lui ».  Une description qui s'applique aussi bien à l'étudiant qu'au footballeur, ce qui n'est pas un hasard. Les mêmes connexions qui lui permettent d'anticiper le pressing adverse lui servent à démêler une équation. Le cerveau est le même, les terrains de jeu diffèrent.


Un palmarès qui commence à l'Élysée


Le concours d'éloquence qu’il remporte en juin 2023 à l’Elysée n'est pas un épiphénomène dans son parcours. C'est un révélateur. Organisé par Prométhée Education, il réunit les jeunes des centres de formation des clubs professionnels français. Ayyoub Bouaddi y intervient sur ce thème qui, rétrospectivement, ressemble presque à une feuille de route personnelle : « Est-ce que la manière compte autant que le résultat ? ».  Sur un terrain, dans une salle de cours ou face à un jury, la réponse est la même chez lui : oui. La manière compte. 


La description de ce soir-là à l'Élysée aurait pu être signée par n'importe quel observateur de ses matchs : maturité, confiance, aisance à l'oral. Samir Nasri, croisé par RMC Sport en mars 2025 en marge d'un Borussia Dortmund / LOSC en Ligue des champions, a résumé ce que tout le monde observe : « Il a 17 ans mais joue comme un trentenaire. Il est calme, serein, il a une justesse technique, une intelligence de placement, n'a pas peur sous pression… c'est lui le régulateur du jeu lillois. C'est impressionnant ».


De l’espoir des Bleus au futur des Lions


Le football, dans cette histoire, est le fil conducteur. À cinq ans, Ayyoub Bouaddi tape ses premiers ballons à l'AFC Creil. À treize ans, il rejoint le centre de formation du LOSC. Les étapes s'enchaînent alors à une vitesse folle : premier contrat professionnel à quinze ans, débuts en Ligue des champions à dix-sept ans, records de précocité et statut grandissant dans l'un des clubs les plus compétitifs de France. Mais derrière cette ascension fulgurante, une question demeure longtemps en suspens : pour quelle sélection jouera-t-il ? La France l'a formé dans ses équipes de jeunes. Le Maroc, lui, n'a jamais cessé de croire en lui. Pendant des mois, les deux fédérations observent l'un des plus grands talents de sa génération. Puis vient la décision. Le 15 mai 2026, la FIFA valide officiellement son changement de nationalité sportive. Ayyoub Bouaddi sera un Lion de l'Atlas. 

 
 
 

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